sans titre - Pharmakon
2010
Casque modifié, caméras, capteurs, techniques mixtes

Cette œuvre propose la coexistence d’une sculpture réelle et de son homologue virtuel dans un même espace, en créant en même temps un reflet et un prolongement de l’objet réel dans le virtuel. La contiguïté d’un corps réel et de son avatar virtuel créé un continuum, d’un environnement réel à un environnement virtuel, mais aussi d’une matérialité réelle à une matérialité virtuelle et inversement. Ce prototype est un nouvel outil dont le but est de substituer à la vision naturelle de notre environnement une vision virtuelle et idéale, symbole d’un renouvellement du réel. L’aspect prothétique et anthropomorphique est nécessaire et se doit d’évoquer la promesse du prolongement sensoriel et imaginaire de l’homme dans la technologie, et l’idée de dépasser sa propre nature dans la fusion homme-machine.
La fonction de ce prototype est de choisir un individu parmi les personnes situées dans son environnement direct. La personne choisie est suivie dans ses mouvements, et selon le point de vue de celle-ci, la sculpture est à la fois reflétée et prolongée en profondeur dans l’espace virtuel. Sur l’écran de projection, le prolongement du prototype dans l’univers virtuel prend les apparences d’un reflet. Seule la sculpture virtuelle fait face à la sculpture réelle, mais ce reflet évolue dans le temps et dans la profondeur de l’environnement de synthèse.
Chaque personne, suivant son comportement face à la sculpture, fait l’expérience de gagner et de perdre la sensation d’immersion et de permanence entre la sculpture réelle et la sculpture virtuelle. Ce comportement relève à la fois du dysfonctionnement et du fonctionnement optimal, selon la personne choisie par la sculpture. Dans la Grèce antique, pharmakon désignait une substance qui était à la fois un remède et un poison. Cette polarité est au centre de mon travail. Ce projet d’œuvre situé entre art et technologie est une interprétation du principe de McLuhan : « Voir, percevoir ou utiliser un prolongement de soi-même sous une forme technologique, c’est nécessairement s’y soumettre ».
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